BEC DE L'ÂNE

Couloir W - 3213m

Par Mathieu (& Anthony)

Comment rompre avec l'hiver et passer au printemps de la meilleure des manières ? Certainement pas comme nous l’avons fait hier. Après un WE digne d’un mois de décembre, il semble que la poudre soit de retour un peu partout. Longue hésitation sur l’itinéraire pour notre sortie en famille, Math et son cousin Antho ont pensé aimable d’aller voir si nos amis Italiens ont survécu à l'hiver ! Le plan est simple, monter le plus haut possible en voiture direction la Savonne, continuer à pied, puis monter en ski au col de la Sassière, remonter l’arête nord du Bec de l’Âne jusqu’au sommet et redescendre par le couloir W. Normalement avec un topo comme ça pas d’échappatoire possible, le décrassage est au rendez-vous.

 

Départ 6h de Macôt (preuve que le printemps et ses levées nocturnes ne sont pas encore là), nous montons quasiment jusqu’à la Savonne, départ au point coté 1700m sous la centrale. On n’est pas tout seul, vraiment pas. Bonne surprise, nous chaussons direct les skis. Les réjouissances sont de courte durée, 100m plus loin, on doit déchausser et c’est parti pour une promenade les skis sur l’épaule. Heureusement la promenade fut courte et nous rechaussons vite sur une neige béton. Partis en direction du refuge du Ruitor, on se fait doubler par de nombreux groupes, visiblement on ne fait pas le même sport ! J’espère qu’on partage la même passion (c’est à se demander...). Une fois sur le plateau de la Sassière, cap plein Est. On est seuls cette fois, tout le monde monte au Ruitor. La neige est dure, ça déroule dans les plats et ça accroche bien dans les montées, parfait. Plus on se rapproche du col, plus le vent qui remonte la vallée se renforce.

 

Une fois au col, après 1150m de D+ avalés, petite pause. On met les crampons et c’est parti pour grimper les 400 mètres d’arête nord. C’est là que les ennuis commencent : l’arête est aussi chargée que nos mules pendant notre trip au Pérou. On brasse, on brasse, ça s’enfonce, parfois peu, parfois jusqu’aux genoux... On remerciera le cousin Antho, il a quasiment fait la trace dans les 300 premiers mètres. L’arête devient plus fine et Math passe devant, deux trois pas un peu plus expo, une longue traversée et nous y voilà ! Après 2h15 d’efforts pour 400m de dénivelé, nous atteignons ENFIN le sommet. On est cuits mais seuls au milieu des montagnes, et ça, ça n’a pas de prix. On trouve un petit coin abrité du vent pour se requinquer et se préparer pour la descente.

 

La descente est placée sous le signe de l’inconnu : va-t-on trouver de la poudre, une dalle béton ou de la croûte tant redoutée... ? On a finalement eu de tout, pas de déception. Il reste encore beaucoup de neige là-haut, on peut droper du sommet. Les 50 premiers mètres à 45° en neige croutée mettent un peu dans l’ambiance, s’ensuit une alternance de poudre et de croûte. Le bas de la face est bien chargé, on se croirait en janvier l’espace d’un instant : c’est froid, c’est profond, c’est doux, ça c’est du ski comme on l’aime ! Après une petite pause pour finir d’apprécier la vue de cette belle face que l’on vient de descendre, on rejoint la voiture sur une jolie moquette de printemps. Le plateau de la Sassière, en plein soleil, finit de nous achever. Arrivés à la voiture 13h50, une bien belle journée en montagne.

7 mai 2019

Alpes Grées

La Savonne

6h30

1513m D+

D / S4

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